La stérilisation, c’est aussi pour les lapins !

 

 

Quand j’étais petite, mes parents ne voulaient pas avoirlaresponsabilité d’un chat ou d’un chien, mais ils m’ont permis d’avoir un lapin comme animal de compagnie. Ma première lapine était douce et affectueuse, mais quand elle a atteint la maturité sexuelle, c’est-à-dire vers l’âge de cinq mois, elle est devenue une fugueuse invétérée. À mon tour, je suis devenue experte en matière de la retrouver, et j’ai passé beaucoup de temps à fignoler les recoins de son enclos pour empêcher toute nouvelle fugue. Mais un jour, elle s’échappée et n’a jamais été retrouvée. Malheureusement pour nous tous, il était très probable qu’elle cherchait désespérément un compagnon.

 

Mon deuxième lapin, un petit mâle surnommé Puffin, était aussi très sympathique. Il aimait à me saluer avec une danse ludique, faisant des petites stépettes en courant partout dans l’enclos. Chaque jour, je lui apportais les petits légumes qu’il aimait tant, tout en m’assurant qu’il avait assez de foin et de l’eau. Je lui donnais des petits câlins et parfois le chat du voisin venait faire son tour pour jouer avec son ami. Mais alors qu’il était âgé d’environ cinq mois, sa danse d’accueil a commencé à inclure des jets d’urine (beurk!). Il semblait me viser, ou du moins je me suis aperçu assez facilement de quoi il s’agissait. J’ai signalé ce nouveau comportement à ma mère, qui a pris une décision très intéressante. Elle a amené Puffin chez le vétérinaire et a demandé (pour ne pas dire exigé) une castration. C’étaient les années 1980, et les vétérinaires n’avaient généralement pas beaucoup d’expérience avec les lapins de compagnie. Notre vétérinaire a répondu que bien qu’il pourrait certainement effectuer la castration, il ne voulait pas nous garantir que Puffin survivrait à l’anesthésie car il n’avait jamais opéré un lapin. En fin de compte, Puffin n’y est pas succombé, et est revenu à la maison pour vivre parmi nous pendant de nombreuses années. Les effets secondaires plutôt désagréables de maturité sexuelle étaient donc oubliés de tous. Il a également appris à utiliser la litière (comme le font de nombreux lapins)!

 

Si ma lapine avait vécu deux ou trois ans de plus, je l’aurais probablement vu tomber malade et mourir d’une maladie très fréquente chez les lapines : le cancer de l’utérus, une maladie progressive et mortelle avec métastases cancéreuses dans les poumons et d’autres organes du corps. Des études estiment que rendues à l’âge de quatre ans, 50-80% des femelles non-stérilisées ont déjà développé un cancer utérin (adénocarcinome). Par contre, la durée de vie des femelles stérilisées peut atteindre jusqu’à 10 ans ou plus.

 

À la CVPAE, nous croyons que la stérilisation, de pair avec un régime alimentaire adapté à ses besoins nutritionnels, est la décision la plus importante que vous pouvez prendre pour la santé de votre lapin. Depuis quelques années déjà, nous avons développé des protocoles d’anesthésie et post-opératoires en consultation avec des vétérinaires spécialisés en médecine de lapins ; nous sommes donc heureuses de pourvoir offrir des stérilisations sécuritaires aux propriétaires de lapins dans les Canton- de-l’Est. La stérilisation fournit non seulement un moyen de contrôle de la population, mais elle a de nombreux autres avantages, y compris une meilleure santé et une longévité accrue, le maintien d’un tempérament doux et une expérience globale nettement plus agréable avec un lapin de compagnie.

 

Nous recommandons que la stérilisation ait lieu à environ 5 mois d’âge. Avant cela, les tissus sont trop délicats à manipuler. Si vous attendez trop, par contre, les effets désagréables de la maturité sexuelle chez les mâles et les femelles apparaîtront.

 

Lorsque vous décidez de faire stériliser votre lapin, vous recevrez également des conseils et astuces sur les soins et l’alimentation de votre lapin afin qu’il vive longtemps et en santé.